Categories:> Le roman d'un instant

Dans l’eau

Cotantin, septembre 1972

Avec François, nous avions joué à s’éclabousser, à se laisser tomber dans la masse de l’eau les bras écartés et en riant, masse impalpable que l’on ne peut retenir dans le creux des mains, qui s’échappe au moindre écartement des doigts, prend la forme de tout objet la contenant et reprend la forme informe de tout support lui traçant sa route.
On se laissait tomber sans crainte, sachant que cette masse retient un instant le corps qui s’y abandonne. Après les moments joyeux, Jean-Michel prit sa tête entre ses mains, recueilli,
s’isolant de la joie. En son enfance selon les rumeurs et bien qu’il me l’avait raconté, Jean-Michel avait failli se noyer au lac de Genval près de Bruxelles où vivaient ses parents.
Et je le savais. Aussi dés que je vis son geste, le déclic se fit aussitôt.
« Faillir n’est pas mourir, çà ne change rien. C’est mourir qui change tout.« ( in Docteur House)